lundi, mai 21, 2007

Jean-Paul Sartre (1905-1980).



Théoricien de l'existentialisme, figure de l'écrivain engagé, romancier, dramaturge, icône de Saint-Germain-des-Prés, Jean-Paul Sartre est avec Raymond Aron le grand intellectuel de la seconde moitié du xxe siècle.
Le jeune Sartre est élevé par sa mère et son grand-père. Il souffrira toute sa vie de l'absence de son père, de ce qu'il nomme le sentiment de la bâtardise (les Mots, 1964). Admis à l'École normale supérieure, il fréquente Simone de Beauvoir et Paul Nizan, son ami communiste. Ensemble, ils s'élèvent contre les valeurs de la bourgeoisie. Son œuvre littéraire, théâtrale et philosophique met en scène la capacité de l'homme à choisir son existence. Dans son essai philosophique L'Être et le Néant (1943), il développe une phénoménologie qui met en place ses grands thèmes philosophiques (liberté, mauvaise foi...). C'est à sa formule, désormais célèbre, « l'existence précède l'essence » qu'on reconnaît l'existentialisme sartrien.
Son théâtre est la part importante de son œuvre, il est foisonnant, vivace et brillant. Les Mouches (1943), Huis clos (1944), la Putain respectueuse (1946), les Mains sales (1948), le Diable et le Bon Dieu (1951) les Séquestrés d'Altona (1959) sont le lieu privilégié d'une réflexion sur la liberté de l'homme. Ses romans : la Nausée (1938) les Chemins de la liberté (1949) découvrent des figures de l'anti-héros, mélancolique et tragique mais toujours responsable. Sartre est aussi critique littéraire et a écrit de nombreux essais où il mêle analyse historique et psychanalyse (Baudelaire, 1947, et en 1971-1973 son grand essai sur Flaubert : l'Idiot de la famille).
Jean-Paul Sartre est avant tout un intellectuel engagé. Anticolonialiste, il milite auprès du FLN lors de la guerre d'Algérie, puis avec les pacifistes contre la guerre du Vietnam et défile avec les étudiants en Mai 68. Directeur de la Cause du Peuple, fondateur du journal Libération et de la revue les Temps modernes, collaborateur à Combat, il tente dans ses essais de repenser le marxisme (Critique de la raison dialectique, 1960). En 1964, il refuse le prix Nobel, prétextant que le rôle de l'écrivain n'est pas d'entrer dans une institution.
Enfin, il incarna avec celle qu'il avait surnommée le Castor, Simone de Beauvoir, le couple le plus en vogue de Saint-Germain-des-Prés (Lettres au Castor et à quelques autres). Celui qu'Herbert Marcuse qualifiait de « conscience du monde » laisse derrière lui une oeuvre considérable qui influence fortement la pensée moderne.

1 commentaire:

SWORDEDDINE a dit…

c'était vraiment la conscience du monde sans aucun équivoque là dessus !!!
Grand homme