samedi, mai 26, 2007

Georges Clemenceau (1841-1929).


« La guerre ! C'est une chose trop grave
pour la confier aux militaires. »

Celui qu'on surnomme le Tigre est un homme intransigeant, sectaire et tyrannique. Homme de gauche puis de droite, le personnage le plus détesté de France conduit, en 1918 son pays à la victoire. Sa force de conviction et son énergie en font un homme politique exemplaire de ce début de siècle.
Élevé sous l'Empire, Clemenceau sera républicain. Viscéralement anticlérical, il incarne jusqu'en 1914 un radicalisme autoritaire. Ses interventions au Parlement sont redoutées. Il est « le tombeur des ministères ». Lorsque le scandale de Panama éclate (1892), Clemenceau est mis en cause et doit se retirer de la vie politique pour le plus grand bonheur de ses ennemis.
Il revient à la politique en défendant le capitaine Dreyfus. En 1902, lorsque la gauche s'installe au pouvoir (le bloc des gauches), il se montre très critique. Mis à l'écart, cet individualiste forcené est appelé au pouvoir en 1906 comme président du Conseil puis ministre de l'Intérieur. Partisan de la séparation des Églises et de l'État, il entend également mener une politique sociale. C'est le contraire qui se passera. Cet homme, qui se dit républicain, réprime dans le sang plusieurs mouvements sociaux : la révolte des vignerons du Midi et des ouvriers des carrières de Draveil en 1907, puis la grève des cheminots de Villeneuve-Saint-Georges en 1908. La gauche se sépare de lui. Jaurès le taxe de criminel. Renversé en 1909, sa virulence ne cesse pourtant de s'accroître. Il crée un journal l'Homme libre qui deviendra l'Homme enchaîné et condamne le pouvoir en place en train de perdre la guerre.
En 1917, Poincaré, qui le déteste, le nomme à la tête de son gouvernement. Clemenceau devient le Tigre, celui qui va dans les tranchées, restaure la confiance nationale, lutte contre le défaitisme et multiplie les attaques au front. Son programme se résume à « je fais la guerre ». Il arrête les pacifistes et les radicaux, réduit le Parlement à une chambre d'enregistrement. Clemenceau gouverne seul, faisant de ce régime une dictature dans les faits mais pas dans les textes. Son patriotisme, sa ferveur et le chef de guerre remarquable qu'il fut conduisent la France à la victoire. Clemenceau assiste à la conférence de la Paix et tient un rôle important dans le traité de Versailles (1918). En 1919, « le père de la victoire » est l'homme désigné pour succéder à Poincaré.
Incarnant l'autorité absolue, Clemenceau est devenu un homme de droite créant le gouvernement le plus réactionnaire qui soit : le bloc national. En 1920, il tombe devant Deschanel qui lui fait payer toutes les humiliations qu'il fit endurer aux parlementaires.

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